La faune et la flore de Corse



La faune

La faune corse est particulièrement diversifiée et, grâce à une prise de conscience collective, elle est protégée, voire réintroduite. Outre les vaches, cochons, chèvres et brebis qui croisent inopinément la route des visiteurs, il existe une faune sauvage beaucoup plus intéressante. L’animal mythique reste le mouflon, un ovin sauvage qui vit en montagne sous la surveillance des agents du PNRC (Parc Naturel Régional de Corse). Le cerf de Corse, éradiqué dans les années 60, a été réintroduit par le même PNRC ; il est interdit à la chasse. Le sanglier, parfois croisé avec des cochons sauvages, prolifère. La chasse permet de réguler une population qui aurait tendance à s’accroître dans des proportions dommageables pour les agriculteurs. Les oiseaux ont trouvé refuge dans cette île et ses îlots. Le goéland d’Audouin niche sur l’île Finocchiarola à l’abri des prédateurs. Le cormoran huppé et le balbuzard pêcheur ont choisi les rivages tandis que la sittèle corse vit à l’intérieur des terres, dans le tronc des pins laricio et le gypaète barbu en moyenne montagne.

Parmi les reptiles caractéristiques, il n’y a d’autre serpent que l’inoffensive couleuvre. On trouve en revanche des tortues d’Hermann qu’il est interdit d’exporter, et des espèces de lézards endémiques à la Corse et à la Sardaigne. Enfin, les fonds marins recèlent une faune exceptionnelle composée, entre autres, de mérous, murènes, congres, dentis, barracudas, mais aussi de langoustes.


La flore

Grâce à ses importantes quantités d’eau, la Corse est une île verdoyante. Sa flore variée est communément présentée en trois étages : méditerranéen, montagnard, subalpin. L’étage méditerranéen (jusqu’à 1 000 m) abrite deux maquis. Le plus bas est assez ras mais épais, riche de fleurs et composé de ciste, lentisque, bruyère arborescente, myrte et asphodèle. Le plus haut correspond à une altitude plus élevée. Il se compose d’arbustes et d’épineux (genêt, bruyère, arbousier) qui prospèrent sous les chênes verts. Hors du maquis, on trouve des agaves, figuiers de barbarie, eucalyptus, cédratiers, figuiers et oliviers. Au dessus de 600 m, on trouve des châtaigniers, des pins maritimes, des chênes-lièges et des chênes blancs.

L’étage montagnard (jusqu’à 1800 m) abrite des pins laricio, dont le tronc parfaitement rectiligne a longtemps été utilisé pour les mâts des bateaux, ainsi que des hêtres et des bouleaux. Les sous-bois sont investis par les genévriers, le thym erbabarona ou encore le thym aux chats. L’étage subalpin (au dessus de 1 800 m) est moins exubérant. On y trouve cependant des aulnes le long des torrents, des genévriers nains, et des fleurs majoritairement protégées (immortelle des frimas, myosotis corse, chrysanthème laineux, etc). Enfin, à proximité de certains lacs et torrents, on trouve les pozzine, un nom qui associe le mot corse pozzu, puits, et l’adjectif « alpine ». Ils ressemblent à des pelouses tourbeuses ponctuées de trous d’eau ronds et reliés par de fins canaux (lac de Ninu, lac de l’Oriente).


Réserves et parcs naturels

Il existe en Corse cinq réserves naturelles gérées par le Parc Régional, l’Office de l’Environnement, une association émanant du Conservatoire du Littoral ou le Conseil Général de Haute-Corse. La plus importante, avec ses quelques 80 000 hectares, est celle des Bouches de Bonifacio. Elle réunit les anciennes réserves de l’archipel des Lavezzi, des îles Cerbicale et de « Bruzzi – Les Moines ». Extrêmement réglementée, elle propose 3 niveaux de protection afin de rendre accessible une grande partie de ce territoire essentiellement marin. Ainsi, plus de 66 000 ha de cette réserve sont devenus le paradis des plongeurs et des chasseurs sous-marins. Les fonds y sont poissonneux et préservés. La nature et les hommes y trouvent leur compte.

Les autres réserves naturelles sont celles des Trè Padule de Suartone, de l’étang de Biguglia, des îles Finocchiarola et de Scandola. Cette dernière est gérée par le Parc Naturel Régional de Corse dont la mission est de préserver, depuis sa création en 1972, le patrimoine naturel, mais aussi culturel et humain, et d’œuvrer dans le sens de sa valorisation. Le PNRC intervient sur un immense secteur de plus de 350 000 ha, soit 40 % de l’île, regroupant 145 communes.