La Balagne



On désigne par Balagne cette partie de la Corse comprise entre Calvi et la Vallée de l’Ostriconi. Par convention, le Ghjunsani et d’autres micro-régions du nord-ouest de la Corse sont associés à cette région. Terre des oliviers, de la culture des céréales et de l’élevage, la Balagne oaffre un paysage façonné par son histoire comme par ses activités agro-pastorales. Si les incendies ont passablement modifié la région, la prise de conscience de ces dernières années va dans le sens d’une unité et d’un développement collectif du pays de Balagne. Occupée depuis la Préhistoire, la Balagne possède des sites archéologiques de grand intérêt. Dès l’Antiquité, les Phéniciens, les Grecs et les Étrusques ont navigué autour de la Balagne et dans le golfe de Calvi. Ils laisseront cependant moins de traces que les Romains qui s’installeront pendant plusieurs siècles et romaniseront toute la région.Rapidement christianisée ensuite, la région prospère avant de sombrer dans l’insécurité à la chute de l’Empire Romain. La période pisane (xie–xiiie siècle) voit le retour de la paix et, avec elle, un développement de l’art roman. Chaque village de Balagne voit s’élever un ou plusieurs lieux de culte. Enfin, la période génoise développera les citadelles afin de défendre sa flotte et l’île.

Calvi

À l’extrémité nord-ouest de l’île, Calvi est considérée comme la capitale de la Balagne. Développée autour de son port installé dans un golfe abrité, cette ville occupe des terres déjà connues des hommes préhistoriques. Fondée au Ier siècle par les Romains, elle sera détruite par les barbares. Les vestiges d’une basilique paléochrétienne attestent d’une occupation du lieu au IVe siècle Au XIIIe siècle, lors de la lutte qui oppose les seigneurs du Cap Corse et ceux du Niolo, Calvi est mise sous la protection de Gênes. Castel-Vecchio est le premier château édifié sur le rocher le plus élevé, à 81 mètres. La ville restera fidèle à Gênes face aux Espagnols et à la France à l’époque de Sampiero Corso et même aux Corses de Pasquale Paoli, pour ne devenir française qu’en 1768, comme l’ensemble de l’île. Cette fidélité lui vaut l’inscription « Civitas Calvi semper fidelis » sur les portes de la citadelle. Au XIXe siècle, la cité se développe et devient un port de commerce. Aujourd’hui, avec sa citadelle majestueuse, ses rues pittoresques, sa longue plage bordée d’une belle pinède et son port de plaisance animé, elle est l’une des villes les plus touristiques de Corse.

L’église Saint-Jean-Baptiste fut construite au XIIIe siècle En 1576, elle devient pro-cathédrale. Il faut entrer admirer ses loges destinées à accueillir les femmes de notables (les grillages sont d’époque…), ses fonds baptismaux de 1568, son maître-autel en marbre polychrome du XVIIIe siècle, son Christ Noir et sa Vierge du Rosaire (XVIe siècle) que l’on porte en procession à Pâques.

L’oratoire Saint-Antoine fut bâti en 1510. Occupé par les confréries Saint-Antoine et de l’Annonciation, il présente sur son linteau d’ardoise verte, Saint-Antoine abbé entouré des deux patrons de la ville. Ce lieu s’anime au cours des fêtes pascales et possède un petit musée d’art religieux.

La maison de Christophe Colomb : cette ruine porte une plaque qui indique « Ici est né, en 1451, Christophe Colomb, immortalisé par la découverte du Nouveau Monde, alors que Calvi était sous la domination génoise, mort à Valladolid le 20 mai 1506 ». Ne pas s’aviser de dire que Christophe Colomb est, dans sa biographie officielle, né à Gênes : ici tout le monde est persuadé du contraire !

L’église Sainte-Marie Majeure, située dans la basse-ville, fut construite entre 1765 et 1838. Sa coupole et ses tableaux des XVIe et XVIIIe siècle, méritent une visite.

La pointe de la Revellata (à 3 km de la citadelle de Calvi), un cap superbe à ne pas manquer. Un centre océanographique y est installé.

Ile Rousse et les villages

La ville doit son nom à la presqu’île de granit rouge qui prolonge sa jetée. La ville est créée en 1758 par Pasquale Paoli, probablement sur le site romain d’Agilla, dans le but de rivaliser avec la cité portuaire de Calvi acquise aux Génois. Il aurait dit : « J’ai planté ici la potence pour pendre Calvi ». Devenue une agréable station balnéaire, calme et familiale, elle bénéficie de trois plages de sable fin et détient le record des températures les plus hautes de Corse. À Ile Rousse tout est à échelle humaine : prenez le temps de flâner sous les platanes de la place Pascal Paoli au cœur de la ville, le plus ancien palace de l’île, l’hôtel Napoléon Bonaparte, y est installé. Engagez-vous ensuite dans les vieilles rues pavées qui mènent au port.

Corbara est un joli village étagé en amphithéâtre, qui fut autrefois capitale de la Balagne. Ses « palazzi » blancs, ses passages couverts et ses figuiers de Barbarie lui confèrent un cachet très méditerranéen. Si vous passez un peu de temps à Corbara, n’hésitez pas à vous approcher de ses châteaux, celui des Savelli de Guido (ancien comte de Balagne) et celui de Corbara, en ruines. Les deux bâtisses sont à la sortie de la ville.

Pigna. Avec ses étroites venelles grimpant la colline entre les maisons ocre, est l’un des villages les plus connus de Balagne. Il a trouvé une nouvelle vie grâce au dynamisme insufflé par ses artisans dont les oeuvres s’exposent à la Casa di l’artigiani, et à son rayonnement culturel, récemment illustré par la construction d’un auditorium en terre cuite.

Sant’Antonino. Ce village-promontoire fortifié avec son dédale de ruelles tortueuses, pavées de galets et ses boutiques d’artisans, possède un charme certain. Fondé au xie siècle, c’est le plus vieux village de Corse, il est aussi considéré comme un des plus beaux. Culminant à 500 mètres, le village offre un panorama unique sur les alentours.

Aregno a un passé roman visible sur les façades des maisons où apparaissent des remplois. Son église est baroque, mais au cœur du cimetière se trouve l’église de la Trinité de San Giovanni, joyau de l’art roman insulaire.

Algajola, en bord de mer, remonterait à l’époque des Phéniciens. Saint-Paul y aurait débarqué à son retour d’Espagne. Avec sa plage de 1,5 km, sa citadelle et sa marine, elle est devenue une station balnéaire prisée.

Calenzana (13 km au sud-ouest de Calvi) domine le golfe de Calvi du haut de ses 250 m. Point de départ du GR20, le village est très fréquenté. À voir aussi l’église Saint-Blaise, un édifice baroque du xviie siècle.

Le cirque de Bonifato présente un panorama montagnard sauvage de toute beauté.

Olmi Cappella, dans le Ghjunsani (région est de la Balagne). Sous la protection du mont Parteo, ce village noyé dans les châtaigniers offre de nombreux départs de randonnées fort bien balisés par le Parc Naturel Régional. Doté d’un beau patrimoine religieux, le Ghjunsani est aussi la terre d’accueil des Rencontres Internationales de Théâtre orchestrées, au mois d’août, par le comédien Robin Renucci, fondateur de l’association « Aria ».

Village Pigna Balagne